C'est l'arroseur arrosé. On imaginait Rockstar dépenser des millions pour recouvrir les métropoles d'affiches néon. En réalité, c'est la ville de Miami elle-même qui a déroulé le tapis rouge au studio new-yorkais pour squatter le phénomène GTA VI.
Des documents issus des archives publiques du comté de Miami-Dade révèlent une proposition officielle transmise à Rockstar Games : déguiser temporairement la métropole en Vice City pour la sortie du jeu.
Aéroport "Vice City", métros fluo et plaques d'égout collectors
Le projet de la mairie ne fait pas dans la demi-mesure et vise à transformer l'arrivée des touristes en véritable immersion :
L'Aéroport International de Miami rebaptisé temporairement "Vice City Airport", avec un avion d'exposition, des tapis de bagages thématisés et des étiquettes collector.
Les transports en commun : Rames du Metromover et du Metrorail habillées aux couleurs du jeu, animations à PortMiami.
L'espace public : Plaques d'égout personnalisées, installations artistiques et événements dédiés à la culture automobile locale.
Après avoir servi de modèle pendant vingt ans, Miami cherche à se déguiser en sa propre caricature virtuelle pour encaisser les retombées touristiques. Un comble.
"Pas de pub pour le crime" : La shérif dégaine son veto
Seul problème : la police locale n'a pas exactement le même sens du business. Ce 3 septembre, la shérif de Miami-Dade, Rosie Cordero-Stutz, a brutalement douché les espoirs des marketeurs en fustigeant publiquement l'initiative.
Selon elle, utiliser des infrastructures publiques pour promouvoir une franchise bâtie sur le braquage et le vol de voitures envoie un message désastreux, en totale contradiction avec le travail des forces de l'ordre. Le commissaire Juan Carlos Bermudez lui a emboîté le pas, jugeant le mélange des genres inacceptable.
En face, le bureau de la maire Daniella Levine Cava préfère compter les billets : la popularité démesurée du titre représente une manne financière historique pour le comté. Les discussions avec Rockstar ont bien eu lieu, et le dossier reste techniquement sur la table.
Même si rien n'est encore validé, la situation reste savoureuse. Vingt ans après les premières croisades politiques contre la violence de la franchise, ce sont désormais les élus locaux qui courent après Rockstar pour gratter un peu de visibilité et remplir les caisses.
Reste à savoir si la diplomatie des billets verts l'emportera sur la morale des shérifs. Quoi qu'il en soit, Vice City fait déjà sauter les verrous du monde réel.

